Boh-Otec

L E S   D I X   C O M M A N D E M E N T S   D E   D I E U


Le premier Commandement

Je suis L’Éternel, ton Dieu; tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face

     Qui sait vraiment lire ces paroles, y trouvera le jugement de beaucoup, n’observant pas ce commandement capital.
     «Tu n’auras pas d’autres dieux!» Plus d’un voit un sens trop restreint sous ces paroles. Il se les rend trop faciles. Il s’imagine évidemment comme adorateurs des idoles, en premier lieu, ces hommes agenouillés devant des figures sculptées dans le bois dont chacune représente un certain dieu; peut-être pense-t-il aussi aux adorateurs du diable et à de semblables égarés dont il se souvient avec pitié, dans les meilleurs cas; mais il ne pense pas à lui-même. Regardez tranquillement en vous-mêmes, examinez-vous; né faites-vous pas partie peut-être de ceux-là?
     L’un a un enfant qui lui passe par-dessus tout, pour lequel il sacrifiera et oubliera tout. L’autre place la jouissance terrestre au-dessus de tout; avec le meilleur vouloir du monde il serait incapable d’y renoncer en faveur d’autre chose, en cas qu’une telle exigence se présente, lui accordant une décision volontaire. Un troisième encore aime l’argent, un quatrième le pouvoir, un cinquième une femme, l’autre les honneurs terrestres et au fond en tout cela, tous aiment ... eux-mêmes.
     C’est le culte des idoles au sens le plus strict. Le premier commandement en avertit. Il le défend. Malheur à celui qui ne l’observera pas littéralement. Cette transgression se venge de suite en ce que cet homme demeurera toujours lié à la terre lorsqu’il passera dans le royaume de la matière noble. C’est en réalité lui-même qui s’y sera lié par son penchant pour les choses terrestres. Cela le détourne de toute ascension ultérieure, lui fait perdre le temps qui lui a été accordé et lui fait courir le danger de ne pas sortir en temps opportun du royaume de la matière noble, par une résurrection vers le royaume lumineux des esprits libres. Alors il sera entraîné dans la décomposition inévitable de toute matière, qui sert à la résurrection et à la nouvelle formation de cette matière. C’est la mort de la matière noble et spirituelle de toute auto-conscience de l’âme humaine et aussi l’anéantissement de sa forme comme de son nom pour l’éternité.
     C’est de cette terrible éventualité que l’observation du commandement doit protéger. Il est le commandement capital, étant le plus nécessaire à l’homme. Ce dernier incline, hélas, beaucoup trop facilement à se livrer à un penchant quelconque, duquel il devient finalement l’esclave. Ce qu’il laisse devenir un penchant, devient aussi un veau d’or, qu’il érige à la place suprême, comme une idole ou un faux dieu à côté de son Dieu, si ce n’est pas au-dessus.
     Il n’y en a, hélas, que trop de ces penchants que l’homme s’est créés et se les appropriant volontiers en toute insouciance. Le penchant est la prédilection pour quelque chose de terrestre, comme je l’ai déjà indiqué. Il y en a naturellement encore beaucoup plus. Quiconque se livre à un penchant, reste » collé « à la matière vile pour son évolution ultérieure lorsqu’il arrive dans l’Au-delà; il ne peut s’en délivrer, il est entravé, retenu. On peut aussi nommer cela une malédiction, dont il demeure chargé. Le fait reste le même, qu’importe le verbe qu’on applique a son expression.
     S’il place Dieu au-dessus de tout, non seulement en images ou en paroles, mais dans l’intuition, donc en vérité et sincérité, dans un amour plein de respect qui le lie comme à un penchant, cette liaison le fera aspirer, dans ses effets identiques, vers le haut, sitôt qu’il ira dans l’Au-delà; car cette vénération et cet amour de Dieu qu’il emmène avec lui le tiennent et le portent finalement jusqu’à sa proximité, au Paradis, dans la création primitive, dans le séjour des purs esprits libérés de toutes charges, dont la liaison ne conduit que vers la vérité lumineuse divine.
     Ainsi prenez garde d’observer sévèrement ce commandement. Cela vous préservera de bien des revers de fortune, ne pouvant peut-être pas vous rester le temps suffisant pour les racheter.


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Le deuxième Commandement

Tu ne feras pas abus du nom de l’Éternel, ton Dieu.

     Le nom éveille et rappelle en l’homme l’idée. Celui qui déshonore un nom et ose le déprécier, déprécie l’idée. Souvenez-vous toujours de cela.
     Ce commandement bien net du Seigneur est cependant celui auquel on prête le moins d’attention parmi les dix commandements et qui est le plus transgressé. Les genres d’infractions sont multiples. L’homme prétend que beaucoup de ces infractions sont inoffensives et faites sans penser à mal; que ce sont façons de parler, sans importance; cependant ce sont des infractions au commandement strictement donné. Ce sont justement ces infractions multiples, prétendues inoffensives, qui abaissent le saint nom du Seigneur et par cela l’idée de Dieu, toujours étroitement liée au nom. Cela lui supprime, devant les hommes et déjà devant les enfants, sa sainteté, salit son inviolabilité par une vulgarisation quotidienne, par une défiguration, en l’employant généralement. Les hommes n’hésitent pas à s’y rendre ridicules. Je ne veux pas citer un seul de ces nombreux propos, pour cela le nom est trop sublime. Mais chacun n’a qu’à y prendre garde un seul jour, et il sera consterné de l’entassement des transgressions du deuxième commandement chez les humains des deux sexes, grands et petits, en descendant jusqu’aux enfants qui ne sont encore guère capables de former une phrase convenable. Car les enfants fredonnent la chanson du père. Aussi les formules qui défigurent Dieu sont-elles trop souvent les premières choses qu’apprennent la jeunesse dans des infractions à la loi divine, inoffensives en apparence seulement.
     L’effet produit par cela est cependant le pire parmi toutes les infractions. Il s’étend, dans sa marche, sur toute l’humanité qu’il ravage; ce n’est pas seulement chez les chrétiens, mais chez les mahométans, les juifs et les bouddhistes, partout on l’entend jusqu’à satiété. Qu’est-ce que le nom de Dieu peut encore signifier pour l’homme? Il est déprécié; il n’est pas même considéré comme la plus petite des pièces de monnaie. Bien moins’ qu’un vieil habit usé. Et l’homme qui se prétend sensé juge cela inoffensif, pèche par là plus de cent fois par jour. Où demeure la réflexion? Où y a-t-il le moindre mouvement d’intuition? Vous-mêmes, vous êtes tout à fait indifférents à cela; vous l’entendez tranquillement, alors que la plus sacrée de toutes les idées est piétinée de cette façon dans la boue de tous les jours. Ne vous y trompez pas. Chacun aura son compte débiteur impitoyablement chargé dans l’Au-delà, s’il a péché dans ce sens. Et ce ne sera pas facile de racheter, précisément cela, parce que les mauvaises conséquences entraînées par un compte débiteur sont si graves, qu’elles se répercuteront sur la troisième et quatrième génération, à moins qu’il se trouve une fois, dans cette postérité, un homme venant à l’entendement et mettant un frein à cette mauvaise manière d’agir.
     Essayez donc de combattre cette habitude fatale dans les milieux qui vous sont familiers. Mais avant tout, coupez d’abord vos propres fils karmiques avec toute l’énergie dont vous êtes encore capable, afin que le compte débiteur ne devienne pas plus grand qu’il ne l’est déjà. N’escomptez pas un rachat facile parce que vous n’aviez pas de mauvaise pensée. Le dommage reste exactement le même. Le péché contre le commandement n’en existe pas moins. Vous l’avez connu exactement. Si vous ne vous êtes pas efforcés de vous rendre compte de sa portée, c’est votre faute. Il ne peut donc rien vous en être déduit. Écoutez et agissez de façon à pouvoir beaucoup racheter encore sur terre.
     Sans cela, la boue qui vous attend est effrayante lorsque vous arriverez dans l’Au-delà et elle entravera votre ascension.
     Ce n’est pas seulement l’individu lui-même, mais ce sont les gouvernements qui montrent ouvertement leur résistance à ce commandement, ainsi que contre la parole de Dieu. Pendant des siècles on a contraint les hommes à prêter serment; on les a poussés de force à le transgresser, sous menace de graves châtiments terrestres, s’ils ne se conformaient pas à cette exigence. La punition de l’Au-delà est beaucoup plus lourde; elle tombe sur tous ceux qui exigèrent la prestation du serment et non sur ceux qui y furent contraints. C’est ce que le Christ dit expressément; « Que votre Parole soit oui, oui, non, non, ce qu’on dit de plus vient du malin. »
     Les gouvernements avaient cependant le pouvoir de donner au oui et au non le poids décisif, parce que c’était dans leur pouvoir de faire punir par le Tribunal la mystification, au même titre que le parjure. Ils avaient la possibilité par cela de donner aux paroles prononcées devant le Tribunal la valeur qui était nécessaire pour le jugement. Il n’était pas nécessaire de forcer les hommes à transgresser le commandement de Dieu. Ils en répondront dans le jugement de l’Au-delà. Plus sévère, plus rigide qu’ils ne l’avaient jamais admis, en se moquant de la fonction d’échange. Il n’y aura point d’échappatoire.
     Mais ce que les églises et leurs délégués pratiquèrent fut pire encore; ils soumettaient leurs prochains aux pires tortures sous l’invocation de Dieu et, finalement, les brûlaient sous la même invocation quand ils n’avaient pas encore succombé à leurs souffrances. L’empereur Néron, qui s’est acquis une si fâcheuse réputation par ses cruautés envers les chrétiens, ne fut pas si mauvais, pas si condamnable que l’église catholique avec son monstrueux catalogue de péchés envers les lois divines. Premièrement, Néron est loin d’avoir autant assassiné et torturé et, deuxièmement, ce n’était pas en citant le nom de Dieu dans des invocations aussi hypocrites, comptant ainsi parmi les plus grands blasphèmes qu’un homme puisse proférer.
     Il ne sert de rien que ces mêmes églises condamnent aujourd’hui les pratiques qu’elles ont autrefois que trop longtemps appliquées, car elles ne les ont pas volontairement abandonnées.
     Encore aujourd’hui, on ne se prive pas de ces attaques simultanées, mais on le fait sous une forme plus cachée, plus moderne. Le temps n’a changé que la forme, pas le noyau vivant. Et c’est ce noyau seul, que l’on cache si volontiers, qui compte devant le Tribunal de Dieu et non sa forme extérieure.
     Cette forme actuelle, inoffensive seulement en apparence, est née du même indicible orgueil de l’esprit des représentants de toutes les églises, comme pour le passé. Si ce n’est orgueil condamnable, c’est vide présomption qui se base sur le pouvoir terrestre des églises. Ces défauts provoquent assez souvent d’inopportunes hostilités qui sont encore tissées par les calculs d’étendre une influence, si ce n’est même par les désirs ardents d’une importance d’ordre politique.
     Et cela toujours avec le nom de Dieu sur les lèvres, c’est pourquoi je voudrais leur crier encore une fois, ainsi que le Fils de Dieu: « Ma maison sera appelée une maison de prières, mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs! » Vous vous nommez serviteurs de la Parole de Dieu, cependant vous êtes devenus serviteurs de votre orgueil.
     Chaque catholique prétend être supérieur à un protestant devant Dieu, sans une raison valable; par contre chaque protestant se croit plus savant, plus avancé et par cela, plus proche de son Dieu que le catholique. Ainsi en est-il de tous ceux qui prétendent être des adeptes du Christ et se former d’après sa Parole.
     Tous deux sont des insensés, ils se basent sur quelque chose qui ne compte pas du tout devant la volonté divine. Ce sont précisément eux qui pèchent bien plus contre le deuxième commandement que les adeptes des autres religions; ils font abus du nom de Dieu non seulement en paroles, mais en actions et par toute leur manière de vivre, voire dans leur soi-disant office divin. Ils donnent à tout observateur, capable de penser et d’observer, un exemple repoussant de formules creuses et de pensées vides. C’est justement par cette présomption sans bornes, de vouloir se persuader eux-mêmes ainsi qu’à leur entourage, qu’au détriment de ceux qui ont une autre croyance, ils possèdent une place de faveur au ciel, qu’ils profanent le plus profondément une idée divine. L’extérieur des rites religieux, le baptême et le reste, ce n’est pas cela qui en fait la valeur. L’intérieur de l’homme seul a à se présenter au jugement. Retenez cela vous, les orgueilleux, auxquels il est déjà prédit, qu’ils se pavaneront satisfaits d’eux-mêmes au jour du jugement, avec des drapeaux, en habits somptueux, afin de recueillir joyeusement leur récompense. Ceux-là n’atteindront jamais le royaume de l’esprit, au pied du trône de Dieu; ils recevront la récompense qui leur est due avant d’y être arrivés. Un souffle glacial les balaiera comme de la paille vide sans valeur; car il leur manque, en eux, l’humilité pure et le vrai amour du prochain.
     Ils sont les pires profanateurs du nom de «Dieu» par leur conduite, et foulent aux pieds tous ses commandements du premier jusqu’au dernier, mais surtout ce deuxième dont la transgression est la plus noire tache faite à l’idée de Dieu dans le nom. Ils furent tous des serviteurs de Lucifer, et non de l’Éternel.
     Soyez sur vos gardes de ne pas prendre à la légère la transgression de ce commandement. Faites strictement attention à vous-mêmes et à votre entourage. Considérez que, si vous respectez fidèlement neuf commandements et que vous négligiez le dixième, vous êtes également perdus. Du moment qu’un commandement a été donné par Dieu, c’est la preuve qu’il ne doit pas être pris à la légère, mais qu’il doit être appliqué dans toute sa rigueur; autrement Dieu ne vous l’aurait pas donné.
     Ne vous efforcez point de prier si vous n’êtes pas capables de vibrer de toute votre âme dans les paroles et méfiez-vous de vous présenter en bavards irréfléchis devant votre Dieu, car vous seriez coupables d’une profanation de son nom. Réfléchissez bien avant de prier pour quelque chose, que ce soit d’une nécessité urgente. Ne vous empêtrez pas dans des prières de pure forme, comme on a pris la mauvaise habitude d’en débiter machinalement dans tous les exercices religieux. C’est non seulement une profanation, mais un blasphème du nom de Dieu. Dans la joie ou la tristesse, la chaleur d’une intuition sans paroles a bien plus de valeur que mille prières verbales, cette intuition ne dût-elle durer qu’une fraction d’instant. Une telle intuition est toujour vraie, et non hypocrite. Ainsi elle n’est jamais une profanation de l’idée de Dieu. C’est un moment sacré que celui où l’esprit humain vient se prosterner devant le Trôné de Dieu pour prier ou remercier. Ce ne doit jamais être un caquetage routinier. Pas même des serviteurs d’une église.
     L’homme à qui il arrive d’invoquer le nom de Dieu en toutes les occasions quotidiennes possibles et impossibles, n’a jamais eu la moindre notion de l’idée de Dieu. Celui-ci représente une bête, mais pas un homme. Car comme esprit humain, il doit posséder la capacité d’éprouver intuitivement le pressentiment de Dieu, encore que ce ne serait qu’une fois dans sa vie terrestre. Mais cette fois unique suffirait à lui enlever toute idée de transgresser, même par insouciance, le deuxième commandement. Il porterait éternellement en lui le besoin de ne jamais prononcer ce mot «Dieu» qu’en se prosternant dans la pureté la plus élevée de son for intérieur.
     Celui qui n’a pas cela, est très éloigné d’être digne de la Parole de Dieu et encore bien moins de venir dans son royaume, de jouir de sa proximité qui donne le bonheur. Il est aussi défendu de forger une image de Dieu le Père d’après le sens humain. Chaque essai de ce genre ne conduit qu’à un amoindrissement piteux; nul esprit humain, nulle main humaine ne sont capables de se figurer la plus petite partie de la réalité et d’en retenir l’image de façon terrestre. Le plus grand chef-d’œuvre aboutirait à un amoindrissement. Un œil seul indique tout dans son éclat ineffable. – Voilà la grandeur sublime, insaisissable pour vous, qu’il faut concentrer dans ce mot «Dieu» que vous avez souvent l’audace d’employer avec insouciance comme on parle de choses vides et irréfléchies. Vous aurez à rendre compte de votre manière d’agir.


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Le troisième Commandement

Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier.

     Qui se donne la peine de ressentir intuitivement un commandement? Quand on voit combien les enfants, les adultes appliquent à la légère les commandements de leur Dieu, cela pourrait et devrait faire frissonner tout homme qui y pense sincèrement. Les commandements sont enseignés et cités à l’école de façon tout-à-fait superficielle. L’homme est satisfait d’en connaître assez bien le texte, pour pouvoir répondre passablement aux questions qu’on lui pose là-dessus, aussi longtemps qu’il court ce risque. Lorsqu’il sort de l’école pour entrer dans la vie des affaires, le texte est bien vite oublié et avec lui le sens. Il donne ainsi la preuve qu’il ne s’intéresse pas du tout à ce que le Seigneur son Dieu exige de lui. Il ne l’exige même pas, il le donne par amour à tous les hommes qui en ont un besoin urgent. Car la Lumière a remarqué combien les hommes s’égaraient. Ainsi Dieu leur montre-t-il fidèlement la voie, comme un bon éducateur, pour les mener à la vie éternelle, dans le royaume lumineux de l’esprit, donc à leur bonheur. Tandis que la négligence conduit forcément les hommes à leur malheur et à leur perte. A vrai dire, il n’est pas exact de parler de commandements. Ce sont plutôt des conseils bienveillants, l’indication de la bonne voie à travers la matière que les esprits humains ont toujours eu le désir d’apprendre à connaitre. Mais cette pensée, si belle en elle-même, n’a aucune influence sur l’homme. Il est beaucoup trop percé à faux dans le dédale de ses pensées et ne veut voir ni entendre d’autre que ce que ses propres conceptions ont fabriqué, avec son petit savoir de charpentier terrestre. Il ne sent pas combien la matière le mène de plus en plus vers la limite où il s’agit pour lui de prendre une décision dernière, déterminant tout son être et qui le forcera de suivre le chemin choisi, jusqu’au bout, sans avoir la possibilité de revenir en arrière, encore que la connaissance lui viendrait à la fin. C’est trop tard alors et cela ne fait qu’augmenter ses tourments.
     Pour permettre que, malgré ses égarements, l’homme puisse venir enfin à la connaissance en temps opportun, Dieu lui donna, dans le troisième commandement, le conseil de sanctifier les jours de fête. Si ce commandement avait été exécuté, il aurait ressuscité avec le temps, en chaque homme, le désir ardent d’aspirer à la Lumière et ce désir lui aurait, en fin de compte, montré le chemin qui le faisait parvenir au sommet de ses vœux, toujours plus fortement condensés par la prière. Dans ce cas, l’homme serait tout autre aujourd’hui en présence de la révolution cosmique. Il serait pénétré par l’Esprit et mûr pour le royaume qui doit venir.
     Ainsi écoutez, vous, et agissez, afin que l’exécution du commandement vous prépare la voie. Tu sanctifieras les jours de fête. Toi! Il est dit en toutes lettres dans ces paroles que c’est toi qui dois donner la consécration au jour de fête, qui dois le rendre sacré pour toi. Jour de fête veut dire jour de repos, c’est-à-dire le jour où tu te reposes du travail que t’impose l’existence terrestre. Mais tu ne donnes aucune consécration à l’heure du repos ni au jour du repos si tu ne soignes que ton corps. Pas plus si tu recherches la distraction du jeu, de la boisson et de la danse. L’heure du repos doit t’amener au recueillement dans tes pensées et tes intuitions, te donner la possibilité d’embrasser d’un seul regard ta vie terrestre passée et présente, mais avant tout les derniers jours ouvrables de la semaine écoulée, afin que tu en tires des conclusions pour l’avenir. On peut toujours regarder six jours en arrière; ce qui dure plus longtemps, est vite oublié. Il en résultera alors que ta capacité intuitive s’élèvera lentement plus haut et tu deviendras un chercheur de la vérité. Ce n’est que si tu es un chercheur véritable que la voie te sera aussi montrée. Et, de même que sur terre, tu ne t’engages pas sur un chemin inconnu qu’après l’avoir examiné, de même doistu entrer pas à pas dans les voies spirituelles, s’ouvrant nouvelles devant toi, afin de toujours garder un terrain solide sous tes pieds. Il ne faut pas sauter, tu pourrais tomber. Par des pensées et des intuitions de ce genre pendant tes heures de repos dans l’existence terrestre, tu ne peux rien perdre, mais tout gagner.
     En allant à l’église, personne ne sanctifie une heure de repos si, dès qu’il est tranquille, il ne s’empresse de réfléchir à ce qu’il vient d’entendre afin de le recueillir véritablement en lui-même et de le vivre. Le prêtre ne peut sanctifier ton jour, si tu ne le sanctifies pas toi-même. Réfléchis toujours exactement si le sens véritable de la Parole de Dieu est bien d’accord avec tes actes. C’est de cette manière que le jour de fête est sanctifié par toi; car il a atteint, par le recueillement paisible, la valeur qui est le but de son institution. Chaque jour de fête deviendra ainsi une borne sur ton chemin qui donnera rétroactivement aux jours d’activité de la matière vile la valeur que ceux-ci doivent avoir pour la maturité de ton âme. Ils n’auront pas été vécus en vain et tu avanceras continuellement. Sanctifier ne veut pas dire gaspiller. Dès que tu y manques, tu perds le temps qui t’a été accordé pour mûrir et, après la révolution cosmique qui, en ce moment, vous entoure lentement de ses rayons, il n’est donné qu’un faible délai pour rattraper ce qui a été perdu, à condition que vous employiez toutes les forces qui vous sont restées. Sanctifiez donc le jour de fête. Vous pouvez le faire dans votre maison et surtout au milieu de la nature qui vous incite à demeurer éveillé en pensées et en intuitions. Accomplissez ainsi le commandement du Seigneur. C’est à votre avantage.


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Le quatrième Commandement

Tu honoreras père et mère.

     Ce commandement fut transmis autrefois à l’humanité par Moïse. Mais il a déclenché des discussions psychiques indicibles. Combien d’enfants, combien d’adultes ont durement lutté pour ne pas en venir à pécher d’une manière grave contre ce commandement. Un enfant peut-il honorer un père qui s’adonne à l’ivrognerie, ou une mère qui manque de dignité et de bien d’autres choses par ses caprices ou la frénésie de son tempérament qui rend la vie pénible au père et à la maison entière, empêchant le plus souvent toute disposition paisible? Un enfant peut-il honorer ses parents lorsqu’il les entend s’insulter grossièrement, se mentir ou même se battre? Combien de faits conjugaux sont la cause de ce que ce commandement est une torture pour les enfants et ont entraîné l’impossibilité de l’accomplissement. C’est plus que de l’hypocrisie si un enfant prétend encore honorer sa mère, voyant celle-ci se montrer plus aimable envers les étrangers qu’avec son mari, le père de son enfant. De même si ce dernier remarque chez elle les penchants d’un caractère superficiel, la voit devenir par vanité l’esclave sans volonté des folies de la mode, qui n’ont aucun rapport avec la maturité sévère privant de toute beauté, de toute élévation et de la dignité maternelle ... En quoi est-ce qu’un enfant peut encore trouver la vénération volontaire de sa mère ? Que ne contient-il pas le mot de «mère»! Mais que n’exige-t-il pas, en revanche? Un enfant qui n’est pas encore empoisonné ressentira intuitivement d’une façon inconsciente, qu’une créature humaine à l’esprit sérieux et mûr ne saurait promener son corps matière vile à moitié nu, sous prétexte que c’est à la mode. Comment la mère peut-elle alors demeurer sacrée pour l’enfant? La vénération naturelle s’abaisse impulsivement et n’est plus que la formule vide d’un devoir habituel ou, suivant l’éducation, une politesse de la société, c’est-à-dire une hypocrisie à laquelle tout élan de l’âme fait défaut. C’est précisément cet élan qui renferme la vie ardente; il est indispensable à l’enfant et l’accompagne lorsqu’il grandit et entre dans la vie, comme un sûr bouclier, qui le protège des attaques de tout genre et qui demeure intérieurement pour lui un asile solide lorsqu’il lui arrive d’être assailli par le doute. Jusqu’à l’âge avancé. Les mots « Mère » ou « Père » devraient toujours éveiller une intuition ardente et sincère, du fond de laquelle sortirait une pure et digne image devant l’âme, avertissant ou confirmant comme une étoile guide, pendant l’être terrestre.
     De quel trésor l’enfant est-il privé lorsqu’il ne peut pas honorer son père et sa mère de toute son âme.
     La seule cause de ces tourments de l’âme est la façon erronée dont les hommes conçoivent le commandement. Le point de vue qu’on a adopté jusqu’à présent, est faux, il donnait au commandement un sens partial, alors que rien ne peut être partial de ce que Dieu a envoyé. Mais il était encore plus injuste de défigurer ce commandement en le corrigeant d’après la jugeotte humaine et en voulant le rendre plus net par l’addition « Tu honoreras ton père et ta mère ». Cela le rendait personnel. Il en résulta des erreurs, car dans sa forme exacte le commandement ne dit que. « Tu honoreras père et mère. »
     Ce commandement ne fait donc pas allusion aux personnes isolées et déterminées, dont le genre ne peut pas, de prince abord, être fixé et prévu. Jamais de tels non-sens se produisent dans les lois divines. En aucun cas, Dieu demandera d’honorer quelque chose qui ne soit pas digne d’être absolument honorable.
     Ce commandement généralise au lieu de restreindre l’idée de la paternité et de la maternité. Ce n’est pas aux enfants qu’il s’adresse en premier lieu, mais aux parents eux-mêmes; il exige d’eux qu’ils sauvegardent l’honneur de la paternité et de la maternité. Il impose aux parents le devoir absolu d’être toujours conscients de leur mission et d’avoir continuellement devant les yeux la responsabilité qu’ils assument.
     Dans l’Au-delà et dans la Lumière on ne vit pas de paroles, mais d’idées.
     C’est pourquoi il arrive que par la transmission verbale, il se fait facilement une restriction de l’idée, ainsi que c’est ici le cas visiblement. Mais malheur à ceux qui ne respectent pas ce commandement et ne s’efforcent pas de le connaître exactement. Ce n’est pas une excuse qu’il ait été si fréquemment interprété de travers, ni qu’il ait fait l’objet de fausses intuitions. La conséquence d’une infraction à ce commandement prévaut déjà, lors de la procréation et lors de l’entrée de l’âme. Il en serait tout autrement sur cette terre si ce commandement tranchant avait été compris et exécuté des hommes. Des âmes toutes différentes auraient pu alors venir à l’incarnation, ce qui aurait empêché la morale et les mœurs d’atteindre le degré de décadence où elles sont arrivées aujourd’hui. Voyez les meurtres, voyez les danses lascives, les orgies dans lesquelles tout va en accélérant. C’est pour ainsi dire un afflu triomphal des courants étouffants de l’obscurité. D’autre part, voyez l’indifférence irréfléchie avec laquelle on accueille cette déchéance comme quelque chose de bien juste ou qui a déjà eu lieu dans le passé et dont on active encore le progrès.
     Où est l’homme qui s’efforce de connaître exactement la volonté divine, qui cherche à s’élancer vers le haut pour en saisir toute la grandeur, au lieu de presser toujours et toujours avec entêtement cette grande volonté dans la mesquine restriction du cerveau terrestre dont il a fait le temple de l’intelligence ? Il abaisse volontairement ses regards vers la terre comme un esclave qui marche enchaîné, au lieu de l’élever se dilatant dans la joie afin de trouver le rayon de la connaissance.
     Ne voyez-vous pas votre attitude piteuse dans chaque conception de ce qui vient de la Lumière ? Qu’il s’agisse des commandements, des promesses, du message du Christ ou de la création entière. Vous ne voulez rien voir, rien connaître. Vous ne vous efforcez nullement à saisir vraiment quelque chose. Vous ne prenez pas les choses comme elles sont, mais vous vous efforcez toujours de tout déformer d’après vos basses conceptions, auxquelles vous êtes liés depuis des milliers d’année. Libérez-vous donc enfin de ces traditions. La force pour cela est mise à votre disposition. A tout instant. Et sans que vous ayez à faire des sacrifices. Mais il faut vous en débarrasser tout à un coup, par un seul acte de volonté. Sans retenir quoi que ce soit de ce qui est devenu cher à vos habitudes. Dès que vous vous efforcez de trouver une solution transitoire; vous ne pouvez vous libérer du passé, c’est avec tenacité qu’il vous tirera toujours en arrière. Cela ne peut vous être facile que si vous séparez d’un seul coup tout le passé, sans apporter cet antique fardeau dans le présent. C’est alors seulement que s’ouvrira la porte qui, autrement, reste bien verrouillée. Et cela ne demande qu’une volonté sincère. C’est l’affaire d’un instant. Exactement comme l’éveil du sommeil. Si vous ne vous levez pas tout de suite de votre lit, vous vous fatiguez de nouveau et la joie de la tâche journalière en est diminuée, si elle n’est pas complètement perdue.
     Tu honoreras père et mère. Agissez dès lors d’après ce commandement sacré. Mettez la paternité et la maternité en honneur. Qui sait encore actuellement quelle dignité elles renferment ? Quel pouvoir elles ont d’ennoblir l’humanité. Les hommes devraient s’en rendre compte au moment de l’union; alors, chaque mariage serait un vrai mariage, ancré dans le spirituel. Tous les pères et toutes les mères seraient honorables suivants les lois divines.
     Pour les enfants, ce commandement serait rendu sacré et vivant par leurs parents. Ils ne pourraient faire autrement qu’honorer le père et la mère de toute leur âme quel que soi le genre des enfants. Ils y seraient déjà forcés par la manière d’être de leurs parents. Malheur alors à ces enfants s’ils n’accomplissent pas entièrement ce commandement. Ils encourront un grave karma, la base leur étant pleinement donnée. Et, par la fonction d’échange, l’observation deviendra bientôt une joie, un besoin naturel. Mettez vous à l’œuvre et observez les commandements de Dieu plus strictement que vous ne l’avez fait jusqu’ici. Cela veut dire, tenez en compte et accomplissez-les. Afin de devenir heureux!


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Le cinquième Commandement

Tu ne tueras point.

     Frappe-toi la poitrine, ô homme, et vante-toi à haute voix de n’être pas un assassin. Car tuer c’est assassiner et tu es ainsi personnellement convaincu de n’avoir jamais transgressé ce commandement du Seigneur. Tu peux venir fièrement devant lui sans peur ni crainte, tu peux attendre plein d’espoir que cette page du livre de ta vie, soit tournée.
     Mais as-tu bien considéré aussi qu’il existe le fait de mortifier et que mortifier est synonyme de tuer?
     Il n’y a aucune différence. C’est toi qui en as établi une par ta manière de t’exprimer, par ton langage. Le commandement ne dit pas, partialement, « Tu ne dois pas tuer une vie terrestre de matière vile », mais il parle en embrassant tout et résume brièvement « Tu ne tueras point ».
     Par exemple, un père avait un fils. Poussé par une mesquine ambition terrestre, le père a obligé son fils à faire des études, à tout prix. Mais les capacités naturelles du fils le poussaient à des occupations où ces études ne lui étaient d’aucune utilité. Il était donc tout naturel que le fils n’éprouvât pour ces études, auxquelles il se voyait contraint aucune prédilection et qu’il n’était pas capable d’y apporter un élan joyeux. Le fils s’en acquitta par obéissance. Il s’efforça, aux dépens de sa santé, de remplir la volonté de son père. Mais comme c’était contre sa nature, contre les dons qu’il avait reçus, il était tout à fait normal que sa santé ne pouvait que s’en ressentir. Je ne veux pas poursuivre ce cas plus avant; il se répète si souvent sur terre qu’il pourrait se chiffrer par plusieurs centaines de milles et encore plus. Il est hors de doute que le père agissant ainsi mortifie dans son fils, par son ambition et son entêtement, quelque chose qui lui avait été donné sur terre pour le développer. Dans de nombreux cas il réussit aussi réellement à le mortifier, parce que le développement ultérieur n’est guère possible, la force principale ayant été brisée dans sa fleur et gaspillée avec légèreté pour des choses absolument étrangères à la nature du fils.
     Ce père a péché gravement contre le commandement: Tu ne tueras point. Sans compter qu’il a, par son action, privé les hommes d’une chose dont ils auraient pu tirer profit grâce à son fils. Il faut considérer que, s’il y a parenté d’esprit entre le garçon et son père ou sa mère, il n’en demeure pas moins, devant le Créateur, une personnalité propre qui est obligée de développer les dons qu’elle a reçus sur terre, pour son propre bien. Peut-être aussi la grâce de Dieu lui aurait-elle accordé de racheter ainsi un lourd karma, en lui permettant de faire quelque découverte qui, dans un sens ou dans l’autre, eut été d’un grand profit pour l’humanité. Une culpabilité incombe ainsi gravement au père ou à la mère qui placèrent leurs petites combinaisons terrestres au-dessus des fils du destin et qui abusèrent ainsi du pouvoir de leur parenté.
     Il en est de même lorsque, pour le mariage de leurs enfants, les parents mettent au premier plan les calculs mesquins de leur intelligence terrestre. Combien de fois n’étouffent-ils pas une pure intuition de leurs enfants sans égards; garantissant le bien-être terrestre, mais aussi, le malheur de leurs âmes, ce qui est bien plus tranchant pour l’être des enfants que tout l’argent et la fortune de la terre.
     Les parents ne doivent pas céder, bien entendu, à toutes les fantaisies ou à tous les rêves de leurs enfants. Ce ne serait pas accomplir leur devoir de parents. Mais ils doivent faire un examen sévère n’étant pas partial, dans le sens terrestre. Cet examen doit être fait de façon désintéressée sans y faire intervenir leurs préférences, ce qui est bien rare, pour ne pas dire inexistant. Il y a de multiples cas de ce genre. Il n’est pas besoin que j’insiste. Réfléchissez-y, afin de ne pas enfreindre vous-mêmes ces paroles si importantes du commandement de Dieu. Cela vous ouvrira des voies inconnues jusqu’à maintenant.
     Cependant, de son côté, l’enfant peut étouffer des espérances légitimes chez ses parents, s’il ne développe pas les dons qu’il a en lui pour faire quelque chose de valeur, dès que les parents de leur côté lui ont laissé le choix de la voie qu’il avait sollicitée.
     C’est lui qui amène la mortification des intuitions nobles chez ses parents et qui transgresse brutalement le commandement.
     De même, lorsque l’homme trompe une amitié sincère ou la confiance que quelqu’un lui a accordée. Il mortifie réellement en l’autre quelque chose qui renferme de la vie. C’est une infraction à la parole divine: Tu ne tueras point. Il en résultera pour lui un mauvais destin qu’il devra racheter.
     Vous voyez que tous ces commandements sont les meilleurs amis des hommes et qu’ils veulent les protéger fidèlement contre le mal et le chagrin. Aimez-les donc et respectez-les comme un trésor, dont l’observation vous cause de la joie.



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Le sixième Commandement

Tu ne commettras point d’adultère.

     Il y a déjà un commandement qui dit: « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain »; cela montre combien ce sixième commandement est peu identique avec le sens que lui donne la loi terrestre.
     « Tu ne commettras point d’adultère » peut aussi s’exprimer comme suit « Tu ne dois pas gâter la paix d’un mariage ». Par la paix on comprend, bien entendu, l’harmonie. Cela détermine eu même temps la façon dont un mariage doit être érigé; là où il n’y a rien à gâter ni à troubler, le commandement n’a aucune importance; il ne s’applique pas d’après les conceptions et les règlements terrestres, mais d’après la volonté divine.
     Le mariage n’existe que là où règnent d’une façon naturelle la paix et l’harmonie, où l’un ne recherche que le bonheur et la joie de l’autre. La partialité et l’ennui mortel, ce grand séducteur, en sont de prime abord et pour toujours complètement bannis, ainsi que la soif dangereuse de la distraction ou l’illusion de n’être pas compris. Ce sont les instruments meurtriers de ton bonheur et précisément les maux qui ne peuvent survenir dans un véritable mariage, où l’un vit réellement pour l’autre; parce que de ne pas vouloir être compris et la soif de distractions sont les effets d’un égoïsme prononcé qui ne cherche à vivre que pour soi et non pour l’autre.
     En cas d’un véritable amour psychique, l’abandon réciproque et joyeux de soi-même est une chose toute naturelle et où tout préjudice à l’encontre d’une partie est complètement exclus par la fonction d’échange. A condition que le degré d’éducation des deux époux ne présente pas une crevasse trop large.
     C’est une condition qu’impose la loi d’attraction des affinités dans le grand univers et qui doit être accomplie pour que le bonheur soit parfait.
     Là, où il n’y a ni paix ni même harmonie, l’union ne peut être appelée mariage, elle n’en est pas un, non plus. Ce n’est qu’une communauté sur terre qui n’a aucune valeur devant Dieu et qui, par conséquent, ne peut donner la prospérité dans le sens que peut en attendre un vrai mariage.
     Comme base du sixième commandement, faut-il donc admettre un mariage strictement véritable. Tout autre n’est point protégé. Mais malheur à celui qui, d’une manière quelconque, cherche à troubler un véritable mariage. Car le triomphe qu’il croit remporter sur terre, l’attend dans la matière noble sous une forme toute différente. Elle sera pleine d’épouvante, il voudra la fuir lorsqu’il devra entrer dans l’Au-delà où elle l’attend.
     L’adultère, dans son sens le plus large, est déjà consommé par le simple essai de séparer deux êtres qui s’aiment vraiment psychiquement, ainsi que le font trop souvent des parents, pour lesquelles les circonstances terrestres ne sont pas conformes à leurs désirs. Malheur aussi à la femme, malheur à l’homme, qu’il soit jeune ou vieux, qu’il agisse par envie ou par frivolité, s’il apporte consciemment la discorde ou même le désaccord dans un tel couple. L’amour pur entre deux êtres humains doit être sacré aux yeux de chacun, il doit inspirer la vénération et le respect et non la convoitise, car il est à l’abri de la volonté divine.
     Si le sentiment d’un désir malpropre de ce genre cherche à monter, que l’homme se détourne et qu’il cherche avec un regard clair parmi celles qui ne sont encore attachées à personne. S’il cherche avec sincérité et patience, il en découvrira forcément une autre qui s’accordera avec lui d’après la manière voulue par Dieu et avec laquelle il sera aussi heureux, sans se charger d’abord d’une dette qui ne saurait jamais lui apporter ni garantir le bonheur.
     La grande faute de ces hommes consiste le plus souvent en ce qu’ils s’efforcent de céder à la pression d’un sentiment, toujours faible au début, qu’ils le retiennent de force en eux, le cultivent par la recherche d’idées fantaisistes, jusqu’à ce que, la force venue, ils en soient remplis, tourmentés et poussés ainsi au péché. Des milliers d’esprits humains ne s’y seraient pas perdus s’ils avaient fait attention au début qui, à moins qu’il soit engendré par un calcul de l’intelligence, est issu uniquement que d’un badinage indigne de l’homme, ayant son origine dans les fatales habitudes terrestres de la vie familiale et surtout dans la haute société. Ce sont, à vrai dire, des marchés matrimoniaux, n’étant pas plus propres que la traite ouverte des blanches. C’est là le foyer pour les germes de l’adultère.
     Vous parents, soyez sur vos gardes, afin de n’être pas fautif d’adultère à vos enfants par des calculs trop intellectuels. Il y en a tant qui s’y sont déjà empêtrés. Ils auront beaucoup de peine à se racheter. Et vous, enfants, soyez prudents, ne devenez pas des sources de troubles entre vos parents, sans quoi, vous êtes de même coupables d’adultère. Réfléchissez bien à cela. Vous vous feriez ennemis de votre Dieu et il n’y en a pas un de ses ennemis qui ne doivent fatalement succomber un jour après des tourments indicibles, sans que Dieu lève le doigt. Tu ne dois jamais troubler la paix et l’harmonie entre deux êtres humains.
     Martelle-toi bien cela dans la tête afin que l’avertissement se dresse toujours devant les yeux de ton âme. –


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Le septième Commandement

Tu ne déroberas point.

     Le voleur est considéré comme une des créatures les plus méprisables. Le voleur est celui qui prend quelque chose appartement à l’autre sans le consentement de celui-ci.
     L’explication est là dedans. Pour bien observer le commandement, l’homme n’a rien d’autre à faire que de distinguer toujours nettement ce qui appartient à autrui. Ce n’est pas difficile, va-t-on dire ! Et ainsi, tout est liquidé. Certes, ce n’est pas difficile, pas plus que d’observer les dix commandements lorsqu’on le veut véritablement. Mais toujours à condition quand même que l’homme les connaisse à fond. Et voilà ce qui manque à beaucoup. Avez-vous jamais réfléchi, pour l’observation de ce commandement, ce qui s’appelle la propriété d’autrui que vous ne devez point dérober?
     Ce sont son argent, ses bijoux, ses vêtements, peut-être sa maison avec la basse-cour, ses animaux et tout le reste. Mais le commandement ne s’applique pas seulement aux biens terrestres de la matière vile. Il y a des valeurs qui sont encore plus précieuses. Son renom, sa réputation publique, ses pensées, sa personnalité et aussi la confiance dont il jouit auprès des autres, du moins de celui-ci et de celui-là sinon de tous, font aussi partie de la propriété d’un homme. Lorsque nous en arrivons là, la fierté de l’âme commence à s’inquiéter en face de ce commandement. Allons, interroge-toi: N’as-tu encore jamais essayé, peut-être de bonne foi, d’ébranler ou de détruire la confiance dont jouissait un homme en avertissant un autre d’être prudent ? En agissant ainsi, tu as méthodiquement volé celui à qui s’adressait cette confiance. Tu la lui as prise ou, tout au moins, tu as essayé.
     Tu voles aussi ton prochain lorsque tu as des renseignements sur sa situation et que tu les communiques sans son consentement. Tu peux conclure par cela dans quelle grave faute sont empêtrés tous les hommes s’occupant de telles affaires ou qui pratiquent cette méthode commercialement comme c’est le cas dans les agences de renseignements ou organisations analogues. Les mailles des conséquences de ces transgressions continuelles des lois divines, tissent un filet monstrueux que ces hommes ne peuvent plus jamais racheter et sont abandonnés à la damnation; ils sont plus chargés que les escrocs et les voleurs de la matière vile. Ils sont complices et semblables aux receleurs qui, en soutenant ce « genre d’affaires », activent un commerce enclin au péché. Tout homme dont les pensées sont justes et honnêtes, que ce soit en affaires publiques ou privées, a le droit et le devoir d’exiger de celui qui s’adresse à lui pour un motif quelconque, une explication directe et, au besoin, des pièces justificatives; ce n’est qu’après cela qu’il peut décider à quel point il peut en confiance accéder à sa demande. Tout autre procédé est malsain et blâmable.
     L’accomplissement de ce commandement a, comme achèvement, l’éveil progressant de son intuition et ses capacités en seront développées et libérées. L’homme acquiert ainsi la vraie connaissance psychologique, qu’il n’a perdue que par commodité. Il perd peu à peu ce qui est mort et machinal en lui et redevient lui-même un homme vivant. Des personnalités réelles se développeront de cette manière, tandis que l’animal cultivé actuel disparaîtra.
     Prenez donc la peine de réfléchir profondément à cela et faites attention de ne pas trouver à la fin de votre livre de comptes un fort débit d’infractions à ce commandement.


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Le huitième Commandement

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.

     Si tu assailles et frappes un de tes prochains de façon qu’il en porte des blessures et que, par-dessus le marché, tu le voles, tu sais que tu lui as causé un dommage qui doit t’attirer une punition terrestre. Tu ne penses pas qu’en même temps, tu es aussi pris dans les fils de la fonction d’échange, qui n’est soumise à aucun acte arbitraire, mais se déclenche d’une manière juste jusque dans les plus petits mouvements de l’âme auxquels tu ne prends pas garde et pour lesquels tu ne ressens nulle intuition. Cette fonction d’échange n’a aucun rapport avec la punition terrestre; elle agit pour son compte, en toute indépendance et en silence, mais d’une façon inévitable pour l’esprit humain, de sorte qu’il ne peut découvrir une place où il puisse s’abriter et se cacher dans toute la création.
     Si vous entendez parler de coups et blessures, vous êtes indignés. S’agit-il de personnes qui vous sont proches, vous en êtes effrayés et terrifiés. Mais cela vous dérange peu si un absent est par-ci par-là, présenté sous un mauvais aspect par des paroles malveillantes ou aussi par des gestes expressifs qui en font plus entrevoir que bien des discours.
     Pourtant retenez ceci: Une attaque de la matière vile est bien plus facile à réparer qu’une attaque contre l’âme, souffrant de tout ce qui peut troubler son renom.
     Évitez donc ceux qui attaquent les réputations aussi bien que les assassins de la matière vile.
     Car ils sont exactement aussi coupables, si ce n’est plus. Ils n’ont pas de pitié avec les âmes qu’ils traquent, c’est pourquoi la main ne leur sera pas tendue dans l’Au-delà, quand ils se recommanderont. L’impulsion fatale et froide est impitoyable qui les pousse du dedans à rabaisser les autres, souvent même des personnes qui leur sont étrangères; c’est pourquoi froide et impitoyable, mais au centuple, sera la place qui les attend, dès le jour qu’ils auront quitté leur corps terrestre.
     Ils demeureront des proscrits dans l’Au-delà et plus profondément dédaignés que les brigands et les voleurs; car c’est un trait commun, plein de perfidie et digne de mépris, qui passe par tout ce genre, depuis la commère jusqu’à ces individus corrompus qui n’hésitent pas à déposer un serment désiré, un faux témoignage contre un de leurs prochains, qu’ils auraient tout lieu de remercier en bien des cas.
     Traitez-les comme une vermine empoisonnée, car ils ne méritent pas d’autre sort.
     Le but élevé et unificateur d’atteindre le royaume de Dieu, leur fait entièrement défaut, aussi n’ont-ils rien à se dire mutuellement, lorsque deux ou trois sont ensembles; ils cultivent alors l’habitude chère de s’entretenir aux dépens du prochain, sans avoir la possibilité d’en reconnaître le caractère déplorable, en ayant perdu la notion, par l’emploi continuel.
     Ils devront continuer à être assis l’un près de l’autre dans l’Au-delà, afin de s’adonner à leur sujet favori jusqu’à ce que le délai accordé qui aurait peut-être pu leur apporter le salut pour la dernière possibilité d’ascension soit passé, et jusqu’à ce qu’ils soient entraînés dans la décomposition éternelle où toutes les espèces de la matière vile et de la matière noble viennent se purifier de tout ce poison qu’ont porté en elles les esprits humains qui ne méritent pas de porter un nom.


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Le neuvième Commandement

Tu ne convoiteras point la femme du prochain.

     Ce commandement est strictement et nettement dirigé contre les impulsions physiques, bestiales par lesquelles l’homme ... hélas ... ne se laisse que trop souvent dominer quand l’occasion se présente.
     Nous avons mis ici le pied sur le ressort qui fait tomber l’homme dans la trappe où presque tous succombent quand ils en approchent et qui se nomme: l’occasion!
     L’impulsion est uniquement éveillée et dirigée par les pensées. L’homme peut facilement observer par lui-même que l’impulsion ne fonctionne pas, ne peut pas fonctionner en absence de la pensée. Elle en dépend absolument. Sans exception.
     Ne dites pas que le sens du toucher peut aussi éveiller des impulsion; cela est faux. Ce n’est qu’une illusion. Le sens du toucher n’éveille que la pensée et celle-ci, à son tour, l’impulsion. Pour éveiller les pensées dans cette direction, c’est l’occasion offerte qui est le moyen de beaucoup le plus fort, ce que les hommes doivent redouter. C’est pour ce motif aussi, que la meilleure défense et la plus sûre protection pour les êtres humains des deux sexes est, d’éviter l’occasion. C’est l’ancre de salut dans la détresse actuelle, jusqu’à ce que l’humanité entière se soit raffermie en elle-même, de telle sorte qu’elle puisse tenir propre le foyer de ses pensées comme étant devenu une chose naturelle et saine, ce qui, hélas, n’est plus possible aujourd’hui. Alors toute infraction à ce commandement sera absolument impossible.
     Bien des tempêtes devront se déchaîner sur l’humanité pour la purifier d’ici là; mais cette ancre est solide si celui qui aspire à la Lumière s’efforce sincèrement de ne jamais donner l’occasion à un tête à tête séducteur des deux sexes.
     Que chacun grave cela dans sa mémoire en lettres de feu; car ce n’est pas facile de se libérer psychiquement de la transgression, parce que l’autre partie entre aussi en évidence et que la possibilité d’une ascension simultanée est rarement donnée.
     « Tu ne convoiteras point la femme du prochain! » Là dedans il n’est pas question seulement de la femme mariée, mais du sexe féminin en général. Donc aussi des filles. Et, puisqu’il est dit distinctement: « Tu ne convoiteras point ! », il s’agit uniquement de l’impulsion physique et non de l’honnête demande en mariage.
     Il ne saurait y avoir d’erreur sur le sens si net de ces paroles. Il s’agit ici de la sévère loi divine contre la séduction et le viol, ainsi que des souillures produites par les pensées d’une convoitise secrète. Celle-ci, comme point de départ du mal entier d’un acte, constitue déjà à elle seule une infraction à ce commandement, entraînant la punition par un karma qui doit se déclencher inévitablement d’une manière ou d’une autre avant que l’âme puisse de nouveau être affranchie. Cet événement, considéré quelquefois par les hommes comme une bagatelle, entre en balance pour le genre de la prochaine incarnation terrestre ou pour le destin futur dans cette existence terrestre. Ne prenez donc pas trop à la légère le pouvoir des pensées car la responsabilité s’y attache dans la même mesure. Vous êtes responsable de votre pensée la plus légère, puisqu’elle cause déjà du dommage dans le monde de la matière noble, dans ce monde qui doit vous accueillir après votre vie terrestre.
     Craignez l’expiation de la convoitise venue à la séduction c’est-à-dire à un acte de la matière vile, si vous n’êtes pas capables de la réparer sur terre physiquement et psychiquement.
     Que la séduction soit le résultat de la plus grande flatterie ou de la violence, qu’un consentement ait été arraché à la femme, cela n’a pas d’influence sur la fonction d’échange; elle était déjà mise en action par la convoitise et toute la roublardise; tous les expédients ne peuvent que l’aggraver. Le consentement final ne l’annule pas.
     Donc, soyez sur vos gardes, évitez les occasions et ne vous livrez à aucune insouciance. En première ligne, tenez propre le foyer de vos pensées. Alors vous ne faillirez jamais à ce commandement.
     L’illusion d’un mariage possible qu’un homme essaie de se donner à lui-même, ne saurait être une excuse. Ce ne serait qu’aggraver le mensonge. Un mariage sans amour psychique est nul devant Dieu. L’amour psychique demeure la meilleure protection contre la transgression de ce commandement parce qu’en aimant vraiment on ne veut jamais que ce qu’il y a de meilleur pour l’autre et qu’on n’en peut pas faire l’objet de désirs ou d’exigences malpropres, contre lesquelles le commandement met en garde avant tout.


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Le dixième Commandement

Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain, ni son bœuf, ni son âne ni aucune chose qui soit à ton prochain.

     Celui qui essaie de trouver un profit par un travail et un commerce honnêtes, peut attendre avec calme, au jour du grand règlement des comptes, l’appel de ce commandement, car il passera sans le frapper. A vrai dire, c’est bien facile de remplir tous les commandements et cependant ... regardez véritablement tous les hommes autour de vous et vous vous appercevrez que ce commandement dont l’observation devrait être au fond toute naturelle pour l’homme ... n’est que très rarement suivi et non avec joie, mais au prix de bien des efforts.
     Il y a comme un désir insatiable qui s’étend sur les hommes, qu’ils soient blancs, jaunes, bruns, noirs ou rouges, c’est de toujours envier au prochain ce qu’eux-mêmes ne possèdent pas. Encore plus précisément exprimé, d’avoir envie de tout! Dans cette envie repose déjà la convoitise interdite. Le commandement est déjà transgressé par elle et devient la racine de nombreux maux qui amènent vite l’homme à sa chute, de laquelle il ne se relève souvent jamais.
     L’homme, en général, a l’habitude bizarre d’attacher moins de prix à ce qu’il possède qu’à ce qu’il n’a pas encore. L’obscurité a semé la cupidité et, malheureusement, les âmes humaines ne se sont que trop empressées à s’y adonner et de fournir le terrain propice à la déplorable semence. Le désir du bien d’autrui est devenu avec le temps, pour la plus grande partie de l’humanité, la base de ses actes et de sa conduite. En commençant par le simple désir, cela continue par la ruse, puis par la persuasion, jusqu’à l’envie insatiable, d’où sort le mécontentement, pour finir par la haine aveugle.
     Tout chemin a été reconnu propre à cette satisfaction, s’il n’était pas trop manifestement en contradiction avec les lois terrestres. Le commandement de Dieu demeura inaperçu devant l’avidité du gain. Chacun se croit réellement honorable tant qu’il n’a pas été amené à se justifier devant un tribunal terrestre. Il n’a pas trop de peine à éviter cela en prenant les plus grandes précautions, en employant la plus saillante sagesse de son intelligence, dès qu’il a l’intention de nuire sans merci à son prochain, jugeant nécessaire de se procurer un avantage quelconque à bon marché. Il n’y pense pas, que justement cela lui revient beaucoup plus cher en réalité que tous les moyens terrestres équivalents. Prudence, d’après les idées actuelles, est synonyme de ruse consommée ou de pire que cela encore. Il est seulement extraordinaire qu’on n’éprouve que de la méfiance pour l’homme rusé, tandis qu’on témoigne du respect à l’homme prudent. C’est l’attitude fondamentale générale qui provoque ce non-sens. L’homme rusé n’est qu’un mauvais ouvrier dans l’art de satisfaire son vouloir, tandis que l’homme de prudence intellectuelle est un maître là dedans. Le premier ne sait pas envelopper son désir sous de belles formes et ne récolte qu’un mépris plein de pitié. Mais des âmes, s’adonnant au même penchant, jaillit pour le maître l’admiration la plus envieuse. Là aussi de l’envie, parce que dans l’humanité actuelle, l’admiration de l’affinité est inséparable de l’envie. Les hommes ne connaissant pas ce grand ressort des nombreuses formes de l’égoïsme. Ils ne se rendent pas compte non plus que c’est cette envie qui les domine et les dirige sous de multiples formes dans leurs pensées et leurs actions. Elle est dans l’individu comme dans les peuples entiers, elle dirige les États, enfante les guerres comme les partis et suscite des querelles à n’en pas finir dès que deux personnes ont quelque chose à discuter.
     Où est l’obéissance au dixième commandement ? aimerait-on rappeler, avertissant les États. Dans son avidité la plus impitoyable, chaque État terrestre n’aspire qu’à s’emparer de l’autre. Il ne recule pas plus devant le meurtre individuel que devant les crimes en grand, ni devant l’esclavage de peuples entiers afin d’assurer sa propre grandeur. Les belles phrases sur la conservation et la protection de soi-même ne sont que de lâches prétextes, sentant bien eux-mêmes qu’il faut dire quelque chose pour excuser ou diminuer un peu les crimes monstrueux contre les commandements de Dieu.
     Mais cela ne leur sert de rien ; la pointe du style qui grave les infractions aux commandements divins dans le livre de l’ordre cosmique, est inflexible ; les fils karmiques qui s’attachent à chaque individu sont infrangibles, car la plus petite parcelle de ses pensées et de ses actes ne peut se perdre avant le rachat.
     Quiconque peut embrasser tous ces fils d’un seul coup d’œil, voit quel jugement terrible cela a provoqué. La confusion et l’effondrement de tout ce qui a été construit jusqu’à présent ne sont que les premières et légères suites de cette violation la plus honteuse du dixième commandement de Dieu. Personne ne peut vous venir en aide dès que l’achèvement entier commencera à se déchaîner de plus en plus sur vous. C’est ce que vous avez mérité. Il n’arrivera que ce que vous vous êtes imposé.
     Arrachez cette ignoble convoitise de votre âme. Réfléchissez qu’un État ne se compose que d’individus. Laissez de côté toute envie, toute haine envers les hommes qui, à votre point de vue, possèdent beaucoup plus que vous. Cela a déjà sa raison d’être. Que vous ne soyez pas capable de la découvrir, cette raison d’être, c’est à vous seul qu’en incombe la faute, parce que vous vous êtes octroyé volontairement la possibilité avec la monstrueuse restriction de votre entendement, en opposition avec la volonté divine, comme conséquence de votre misérable basse complaisance envers le culte intellectuel.
     Celui qui n’est pas satisfait de la situation qui lui est donnée par l’achèvement des propres fils karmiques qu’il a noués, dans le nouveau royaume de Dieu sur terre, n’est pas digne non plus que l’occasion lui soit offerte de racheter, facilement en somme, la charge des dettes qu’il s’est attachée et de mûrir encore simultanément en esprit pour trouver le chemin du pays élevé des esprits libres où ne règnent que Lumière et joie.
     Chaque mécontent sera à l’avenir impitoyablement éliminé, comme perturbateur inutile de la paix tant désirée et comme un obstacle à l’ascension normale. Mais s’il existe encore en lui un bon germe qui garantisse sa prompte conversion, il sera tenu sous contrainte pour son bien et pour son dernier sauvetage, par une nouvelle loi terrestre jusqu’au moment où ressuscitera en lui la connaissance de la justesse absolue de la sage volonté divine; justesse aussi pour lui dont la myopie de son âme et la stupidité volontaire empêchaient de voir que le lit où il est couché actuellement sur terre a été confectionné par lui et pour lui seul, comme conséquence absolue de son être entier jusqu’à présent, pendant plusieurs vies dans l’Au-delà et sur terre, et non par l’arbitraire aveugle du hasard. Il verra enfin qu’il ne lui est de besoin que de cela et seulement cela, ce qu’il vit, où il se tient et les conditions dans lesquelles il est né avec toutes leurs conséquences.
     S’il travaille avec zêle à lui-même. il avancera non seulement spirituellement, mais aussi sur la terre. Pourtant s’il s’obstine à se frayer un autre chemin, sans égard ni souci du prochain, cela ne pourra jamais lui apporter un vrai profit.
     Il ne doit pas dire que cette connaissance doit lui venir de Dieu afin qu’il puisse l’observer et se modifier. Ce n’est que témérité et nouveau péché d’attendre ou même d’exiger la preuve que sa propre conception est fausse, afin de ne croire qu’après avoir été convaincu du contraire. C’est lui, lui tout seul, qui s’est rendu cette connaissance impossible et qui a dévié de la bonne voie sur laquelle il se tenait au début. Les possibilités de la connaissance lui ont déjà été données par Dieu sur le chemin qu’il a imploré de pouvoir suivre. Puisqu’elles sont maintenant ensevelies par sa propre mauvaise volonté, Dieu devrait-il, comme son serviteur, venir lui rouvrir cette fosse ! ? Puérile prétention! C’est justement cette prétention, cette exigence qui empêcheront le plus fortement l’homme de racheter les blasphèmes qu’il a commis envers Dieu. Je vous dis: qu’il est plus facile à un voleur de grands chemins de se libérer de ses fautes, qu’à une âme humaine qui attend avec exigence que Dieu, par un nouveau don de la connaissance, vienne réparer pour elle les propres fautes qu’elle a commises. C’est précisément avec cela que l’homme s’est chargé lui-même du plus lourd fardeau de péchés, en se révoltant, de la manière la plus grossière, contre la volonté divine.
     Le combat sera rude pour les âmes humaines, avant de pouvoir se libérer des infractions habituelles au dixième commandement de Dieu, c’est-à-dire avant qu’elles aient pu se changer, au point de vivre en l’observant réellement, dans leurs pensées, leurs paroles et leurs actions. Pour ceux qui ne le pourront pas, viendront les souffrances et l’anéantissement sur cette terre et dans l’Au-delà.


Abdruschin - Dans la Lumière de la Vérité
(Original: Abd-ru-shin: „Im Lichte Der Wahrheit“)

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